Communiqué de presse
Mardi 22 juillet 2003

Plans d’assainissement des caisses de pension sur le dos des femmes ?

La «décision Winterthur» est un signe très inquiétant, aussi en ce qui concerne la politique de l’égalité.


Les plans d’assainissement des caisses de pension des assurances «Winterthur» et «Zürich» font l’objet de vives critiques de la part des bureaux de l’égalité. Que les rentes soient réduites dans le domaine de la prévoyance professionnelle et que cette réduction se fasse selon des barèmes différents pour les hommes et pour les femmes porte atteinte selon eux au principe d’égalité entre femmes et hommes. L’autorisation octroyée par l’Office Fédéral des Assurances Privées est un signe inquiétant au niveau de la politique de l’égalité pour tout le domaine de la prévoyance sociale.

L’Office Fédéral pour les Assurances Privées (OFAP) a récemment octroyé l’autorisation aux compagnies d’assurances «Winterthur» et «Zürich» de baisser, dans le domaine surobligatoire du deuxième pilier, le taux de conversion déterminant le montant des rentes. En même temps, l’OFAP a accepté explicitement des réductions différentes pour les hommes et les femmes qui résultent en une diminution atteignant jusqu’à 24 % de la rente pour les femmes et jusqu’à 19 % pour les hommes. Cette inégalité de traitement entre les sexes a été justifiée par l’espérance de vie plus élevée des femmes.

Il ne fait pas de doute, et cela a été déjà largement critiqué, que l’espérance de vie dont il a été tenu compte dans la planification des mesures est beaucoup trop élevée. Mais en plus de cela, ces plans d’assainissement sont aussi un signal fort inquiétant au niveau de la politique de l’égalité : Pour couvrir les déficits des caisses de pension, les femmes devraient plus passer à la caisse que les hommes, et ceci sur la simple base d’un chiffre statistique (hypothétique). La moitié de la population qui recevra de toute façon des rentes beaucoup moins élevées (et ceci dans les trois piliers), dû au fait que ses salaires sont plus bas, qu’elle interrompt souvent sa vie professionnelle pour des raisons liées à la répartition des rôles et que la segmentation du marché du travail persiste, doit subir une baisse supplémentaire de sa prévoyance vieillesse. Une telle mesure va à l’encontre du but de l’égalité de fait entre les femmes et les hommes tel qu’il est inscrit dans la constitution fédérale et dans la loi sur l’égalité.

En regard des mesures d’assainissement déjà annoncées par les autres compagnies d’assurance, l’OFAP, avec cette décision, crée un préjudice très fâcheux : En clair, l’OFAP fait passer le principe d’égalité entre les sexes après les calculs mathématiques des assurances et les raisonnements politicofinanciers. Et ceci en dépit du fait que, dans le domaine de la prévoyance professionnelle obligatoire, le taux de conversion est explicitement censé être indépendant du sexe et de l’état civil.

Les bureaux de l’égalité signataires désirent également attirer l’attention sur le fait que les travailleurs et travailleuses avec un salaire inférieur au montant de coordination (actuellement 25'320 francs) ne sont pas soumis-es à la prévoyance professionnelle obligatoire (LPP). Ces personnes ne peuvent donc recevoir de rentes, si elles en reçoivent, que dans le domaine dit «surobligatoire». Dans ce segment de la population, les femmes sont beaucoup plus représentées que les hommes et donc nettement plus touchées par les baisses prévues. En fin de compte, les cotisations de ces femmes vont contribuer à payer les rentes des personnes ayant des revenus moyens, alors qu’elles-mêmes ne recevront tout au plus qu’un peu d’argent de poche. Ceci n’est pas seulement contraire au principe d’égalité, c’est aussi contraire au principe de solidarité et au principe de l’assurance.

L’hypothèse d’une espérance de vie moyenne plus longue ne peut et ne doit pas être une raison d’empirer encore de façon collective la situation des femmes en ce qui concerne la garantie de leur prévoyance vieillesse. C’est pourquoi nous avons demandé aux autorités fédérales compétentes de revoir leurs pratiques d’octroi d’autorisations aux assurances privées et de faire en sorte que l’interdiction de discrimination soit respectée, afin que l’égalité entre femmes et hommes puisse être maintenue dans tout ce qui concerne la prévoyance professionnelle.

22 juillet 2003

Kantonale Fachstelle für die Gleichstellung von Frauen und Männern, Bern
Stabsstelle für Gleichstellungsfragen, Kanton Graubünden
Büro für die Gleichstellung von Frau und Mann, Kanton Luzern
Fachstelle für Gleichberechtigungsfragen, Kanton St. Gallen
Büro für die Gleichstellung von Frau und Mann, Kanton Wallis
Fachstelle für Gleichberechtigungsfragen, Kanton Zürich
Fachstelle für die Gleichstellung von Frau und Mann der Stadt Bern
Büro für die Gleichstellung von Frau und Mann der Stadt Zürich
Fachstelle für Frauenfragen der Stadt Zürich


Personne de contact :
Stella Jegher, Bureau de l’égalité entre femmes et hommes de la ville de Zürich,
Tél. 01 216 37 38